Posteado por: alejandrolodi | 18 marzo, 2010

L´Astrologie est une évidence complexe

Alejandro Lodi

“La Lettre des Astrologues” Nro 55 (Equinoxe automne 2009). Revue officielle de FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones).

“-Déshabille-toi-”

Dit au final à l’âme

Le corps divin

“- Et apitoie-toi car tu es inanimée-”

Et elle revient à elle

Et elle revient à elle

Comme une fleur

Qui à ce moment ignore

Quelle heure est-il, quel jour est-ce aujourd’hui?

(Luis Alberto Spinetta)

Il n’existe pas une réalité “en dehors”, objective, déjà donnée, espérant être découverte par celui qui parvient à développer le savoir et la sagesse nécessaire. Mais il existe une réalité qui se révèle clairement à la conscience.

Par exemple, si Saturne existe bien comme planète physique dans le système solaire, elle n’existe pas comme “chose” si nous nous référons à elle en tant que principe énergétique. Ainsi considéré astrologiquement, Saturne n’est pas quelque chose qui attend là-bas au-dehors d’être découvert par l’esprit sagace. Mais Saturne se révèle en faits que nous expérimentons, grâce au don qu’il opère dans la conscience pour ainsi les signifier.

La conscience signifie certains faits et cette signification révèle un principe universel.

Ce n’est pas un sens inventé, ni découvert, sinon révélé, rendu transparent. Cette réalité qui se révèle n’”a” pas de substance matérielle en soi, sinon qu’il acquiert une substance matérielle. Cette réalité est comme un océan de principes universels sans définitions spatiales ni temporelles, mais qui participent d’un autre ordre de substantialité, un ordre qui s’actualise ou réalise (se fait acte ou réalité) dans le monde que nous percevons avec nos sens. Cette autre substance a plus à voir avec celle de l’inconscient: les rêves, les visions, les synchronicités… C’est la substance à laquelle nous pouvons faire allusion avec les symboles, images ou la métaphore poétique, avant la stricte technique, les concepts impeccables ou l’essai consciencieux. Cet ordre n’est pas préalable à la conscience qui le perçoit, sinon simultané à elle, coexistant. L’ordre du mystérieux et la conscience qui le révèle ne sont pas des conséquences l’un de l’autre (encore moins “sublime ascension” pour l’un et “coupable chute” pour l’autre), sinon un lien sacré que crée le monde, la dynamique amoureuse que génère tout ce que nous définissons comme réalité.

Revenons à notre exemple. Ce principe universel que nous appelons “Saturne” existe seulement en se servant de substance matérielle pour se rendre visible, il s’actualise dans les personnes, choses ou faits perçus par nos sens pour être reconnaissable par la conscience (dans ce cas à travers des figures telles que le père, l’autorité, les mandats, les institutions, le temps, les limites corporelles, la structure osseuse, etc.). Ce principe répond à une dimension que nous pourrions appeler vibratoire, de l’ordre de l’énergie, non de la matière concrète dans laquelle il se manifeste.

Vous souvenez-vous de ce jeu d’enfant consistant à mettre une feuille de papier blanc sur une monnaie puis à passer dessus un crayon jusqu’à ce que reste l’impression de relief de la pièce sur le papier? La “monnaie” serait ce principe énergétique universel (et, par extension, le potentiel de tous les principes énergétiques synthétisés dans une carte natale) et le “papier” la substance matérielle des évènements concrets de notre vie. Confondre une chose avec une autre (par exemple que notre père “est” Saturne) serait comme confondre la “monnaie” avec le “papier” qui la révèle après que soit passé un “crayon”: nous ne connaissons que l’empreinte de la monnaie sur le papier (notre père), non la monnaie en elle-même (Saturne).

Prenant au pied de la lettre ce jeu de la monnaie et du papier, on pourrait dire que tout ce qui se dit est absurde, parce qu’il est évident qu’en déplaçant le papier nous trouverions la pièce réelle – d’une substance très concrète et matérielle pour nos sens – et dire alors qu’il serait démontré que la monnaie est “préexistante” au papier sur lequel nous l’avons fait apparaître, qu’elle existait déjà avant d’être couverte pour notre expérience. Et, considérant Saturne comme la “monnaie” de notre jeu, nous pourrions dire sûrement que la planète physique que nous appelons “Saturne” existe effectivement sur le plan astronomique et que partant, elle était “déjà là” avant que l’œil humain ne la découvre.

Mais que se passerait-il si nous ôtions le papier et qu’il n’y ait aucune pièce? Cela nous paraîtrait inédit, impossible. Cependant, la complexité de ce que nous sommes en train d’investiguer par l’astrologie c’est que nous travaillons avec la paradoxale substance du monde psychique, une substance avec laquelle “si nous poussons le papier nous ne trouvons pas de monnaie”. Notre présupposé astrologique ne considère pas la planète physique et ses hypothétiques influences matérielles, sinon – si vous me permettez l’expression – la planète psychique. Autrement dit, l’astrologie prend en compte la correspondance entre cette entité qui existe effectivement au plan matériel concret et cette autre entité apparente qui agit comme principe énergétique dans le psychisme humain, et essaie de stimuler la conscience pour qu’elle soit sensible à la synchronicité du comportement cyclique de ce corps du système solaire avec les évènements spécifiques de l’expérience humaine externe et son inéquivoque corrélat interne. Contrairement à ce qui se passe dans la réalité de la substance concrète, notre “monnaie” n’a ni localisation spatiale ni une quelconque matérialité. La monnaie révélée par le papier n’a aucune existence physique préalable au moment où le crayon commence à la faire apparaître. Nous ne pourrons jamais rendre compte de la monnaie, non par un manque quelconque de capacité spéciale, absence de talent ou d’effort suffisant, mais parce qu’il n’y a de monnaie nulle part. Son existence ne gagne de sens que dans cet acte magique de transparence et signification dont est capable la conscience. Il ne s’agit pas pour la conscience de “découvrir” Saturne, il n’est pas question non plus d’un Saturne attendant “au-dehors” qu’on le découvre, mais du fait que la rencontre entre la conscience (qui signifie) et le fait (qui s’offre pour être signifiant) révèle le principe saturnien; ce fait s’avère opportun pour que la conscience lui donne du sens et en fasse un modèle universel.

Cette conscience qui donne du sens est “le crayon exerçant une pression sur le papier”. Tant que le crayon n’exerce pas de pression, le papier ne montre pas de relief. De même, tant que la conscience ne donne pas de sens aux évènements, ces derniers nous apparaissent aléatoires, insensés, non ordonnés. Si la conscience n’est pas active (crayon exerçant une pression), l’âme ne se révèle pas (monnaie).

De la même façon, celui en qui je vois Saturne ou cette situation dans laquelle je vois Saturne, n’“est” pas Saturne. Saturne n’a simplement pas d’existence en lui-même (c’est la monnaie qui n’existe nulle part). Cette personne ou situation est la substance nécessaire pour que la conscience rende visible le principe universel saturnien. C’est la conscience qui est capable de donner à cette expérience – à cette personne ou situation apparemment externe en qui je vois Saturne – la signification saturnienne. C’est cette conscience qui s’active en moi et qui n’est ni mérite, ni réussite, ni conquête de mon “moi”, sinon quelque chose de ce à quoi cette fragile sensation d’identité que nous appelons “moi” participe, et qui échoue et se distord – je serais tenté de dire « profane » – si l’on prétend la capturer.

Il est vrai que des personnes ou situations spécifiques ont pour habitude d’être d’indiscutables illustrations du principe saturnien, à tel point qu’ils peuvent paraître objectifs. De nombreuses personnes (consciences) peuvent s’accorder pour trouver en elles la même révélation, et l’effet est si puissant et persuasif qu’il semble vraiment que cette personne et ces situations “sont” Saturne, au-delà ou avant l’activation de la conscience qui leur donne du sens. Cette illusion d’éloquence et d’objectivité est un enchantement puissant, aussi irréel que de croire qu’en découpant le relief de la monnaie révélée sur le papier on disposera d’une véritable monnaie.

Toute réalité se révèle être un ordre. L’ordre ne préexiste pas au moment d’être perçu. Ce n’est pas un ordre déjà créé que découvre maintenant l’esprit sagace. L’ordre est créé au moment d’être révélé par la perception, d’être vu. L’ordre est co-créé par la conscience en lien avec les évènements. Ceci présuppose un fait prodigieux, transcendantal et existentiellement bouleversant: l’évidence de ce que la co-création implique la dissolution du bord qui sépare “conscience” de “évènement”. Quand la conscience se reconnaît ( ce qui a beaucoup à voir avec des re-trouvailles) dans ces évènements, elle perçoit que c’est ce destin, le monde se crée.

Notre destin révèle un ordre. La réalité de ce que nous sentons, le vécu concret et matériel de ce qui nous arrive, fait apparaître une vérité surprenante, émouvante et toujours mystérieuse pour nos efforts rationnels. La matière est la substance divine où se révèle l’âme.

(traduction de Muriel Rojas Zamudio)

Anuncios

Responder

Introduce tus datos o haz clic en un icono para iniciar sesión:

Logo de WordPress.com

Estás comentando usando tu cuenta de WordPress.com. Cerrar sesión / Cambiar )

Imagen de Twitter

Estás comentando usando tu cuenta de Twitter. Cerrar sesión / Cambiar )

Foto de Facebook

Estás comentando usando tu cuenta de Facebook. Cerrar sesión / Cambiar )

Google+ photo

Estás comentando usando tu cuenta de Google+. Cerrar sesión / Cambiar )

Conectando a %s

Categorías

A %d blogueros les gusta esto: