Posteado por: alejandrolodi | 14 abril, 2010

Postulats de notre regard astrologique

Alejandro Lodi

“La Lettre des Astrologues” Nro 57 (Equinoxe du printemps 2010). Revue officielle de FDAF (Fédération Des Astrologues Francophones).

(Traduction de Muriel Rojas Zamudio)

Je crois qu’il est fondamental et très honnête de ne pas cesser d’envisager ce qu’est l’astrologie. Au fur et à mesure que nous l’approfondissons et que nous acquérons des certitudes quant à sa validité, je sens qu’il est indispensable de réviser ce que nous sommes inconsciemment en train d’accepter, quelles suppositions implicites sont présentes dans cette acceptation et d’être sincères envers nous-mêmes face  à ce que nous croyons et ce que nous ne croyons pas au sujet de sa pratique.

En définitive, le thème des présupposés est un thème de croyances implicites dans notre regard et considération des choses. Ce n’est pas tant une question d’idées sagaces dont nous pourrions rendre compte avec orgueil, sinon de quelle sensibilité de registre de la réalité (…) est présent –peut-être sous forme voilé, non consciente- dans nos définitions et arguments. Si nous ne le sentons ni ne le vivons, nos croyances sur l’astrologie ne seront que des présomptions métaphysiques plus ou moins magiques ou intellectuelles. Croire n’est rien que ce à quoi on donne foi, ce que nous assumons penser comme réel. En sommes-nous conscients lorsque nous intégrons le paradigme astrologique à notre considération de la réalité?

Si le symbolisme astrologique s’est établit dans notre vie c’est parce que, que nous le sachions ou non, il y a un ensemble de valeurs sensibles, principes existentiels et constructions conceptuelles que nous avons incorporées. Ne pas en tenir compte peut nous conduire à des contradictions, à une certaine agitation interne parce que nous sentons que « quelque chose se ferme », voire à des crises sévères durant lesquelles nous pouvons nous sentir victime d’une grande erreur ou  tromperie. Dans ce sens, loin d’être un simple exercice de certitudes rationnelles, s’engager envers l’astrologie c’est « marcher sur du papier de riz ».

Méditons alors sur la nature de quelques suppositions de notre regard astrologique.

La première est en rapport avec un principe simple et contondant qui existe à la base. C’est le principe de correspondance qu’énonce la tradition philosophique hermétique: “ ce qui est en haut est come ce qui st en bas, ce qui est dedans est comme ce qui est dehors ». Basée sur lui, l’astrologie se présente comme l’étude de la relation entre la structure du ciel et des formes sur la terre, la correspondance entre l’ordre du système solaire et celui d’une vie humaine. Il est essentiel de remarquer qu’il ne s’agit pas d’un principe appelé « loi du déterminisme » ou « loi de l’influence », mais de correspondance ; il ne présuppose pas des choses telles que « ce qui est en haut cause ce qui est en bas », ou « celui qui est dehors influence celui qui est dedans ». Le terme utilisé est correspondance, c’est à dire deux plans ou dimensions se répondant mutuellement, qui se co(r)-respondent. En définitive, la Loi de correspondance questionne la séparation entre terre et ciel, entre mondes interne et externe, entre les évènements extérieurs et leur vécu psychique interne. La Loi de correspondance nous dit qu’il n’existe pas l’une ou l’autre chose, mais que ciel et terre, extérieur et intérieur, évènements objectifs et personne subjective, sont une même unité. Le ciel « n’arrive » pas à la terre tout comme les évènements « n’arrivent » pas à la personne puisqu’il n’existe pas de séparation de la terre et du ciel, ni de sujet individuel à l’écart des évènements de la vie. Ce postulat de notre regard astrologique nous dit que nous sommes ce que nous vivons, l’être est l’expérience. Nous sommes ce que notre vie révèle ; nous ne sommes pas préexistants à cette révélation, ni une quelconque entité  séparée des évènements qui la manifestent.

Le ciel reste en relation avec la terre. Il ne s’agit pas d’une relation physique causale, ni de l’influence de l’un sur l’autre. Ce n’est pas que le ciel détermine ce qui se passe sur la terre, ni que ce qui est indiqué dans une carte natale définit fatalement le vécu d’une personne. La carte natale est un symbole de cette relation, de cette rencontre entre l’entité individuelle qui a incarné ce dessein et le modèle universel lui correspondant. Et il s’agit d’un symbole vivant, puisqu’il prend vie quand il est signifié par la conscience qui l’incarne. Selon la transformation de la conscience, la carte natale est source d’information rénovée. Nous pourrions dire que la carte natale accompagne (co(r)-respond à) l’évolution de la conscience, en même temps cette évolution n’est rien que la capacité de la conscience à répondre (co(r)-re(s)pondre) au destin que sa carte natale symbolise. Cette double voie est une relation, une rencontre qui révèle une unité entre conscience et destin. C’est donc là notre postulat fondamental : conscience et destin sont l’être.

Un deuxième postulat basique est que la correspondance entre « dehors et dedans », entre « en haut et en bas » est fondamentalement une correspondance vibratoire et psychique, s’organisant sur le plan des faits concrets sur un mode qui prend sens lorsqu’il est signifié par la conscience. La carte natale en tant que symbole ne révèle pas littéralement des évènements fatalement déterminés mais des évènements d’une qualité vibratoire spécifique qui peuvent être signifiés (par la conscience). Par exemple, la Lune ne décrit pas « comment est ma mère » sinon quel type de vibration énergétique sera associée au vécu et, dans ce sens, à travers quels probables scénarii et situations – dans un éventailes large mais aux variables toujours surprenantes – pourra se manifester cette expérience du principe maternel.

Les positions des planètes dans une carte natale et les relations entre elles montrent des dessins qui permettent de donner du sens à l’organisation psychique interne d’une personne et le lien avec son destin. La structure de la carte natale n’est pas un modèle fixe qui doit être accompli, ce n’est pas un manuel d’instructions pour le fonctionnement correct d’une machine déjà construite. La carte natale n’est pas réelle, ce n’est qu’une carte qui acquiert de la réalité à travers l’exploration d’une vie. La carte n’acquiert de sens que lorsqu’est exploré le territoire qu’elle cartographie, même s’il elle résulte bien utile et fondamentale pour le reconnaître quand le territoire commence à être expérimenté.

Les évènements de notre vie sont la réalisation de la carte natale, non la réussite ou l’échec d’u plan que l’on pourrait connaître d’avance. L’astrologue ne sait pas ce que devrait être la vie d’une personne. L’astrologue ne le sait pas. Et il ne la sait pas parce qu’une vie humaine n’est pas une œuvre déjà connue et dont il ne reste qu’à être fidèle, sinon une création par lien, une co-création à laquelle participe autant notre but conscient que celui qui fleurit entre les tissages de liens dont nous sommes partie de la trame. Une vie humaine se co-crée dans le présent, elle n’a pas déjà été créée dans le passé. Une vie humaine n’est pas un plan ou une mission prédéterminé à accomplir et que nous pourrions, ou un autre, connaître en lisant la carte natale.

La carte natale est une structure vibratoire qui se donne à connaître tandis qu’elle se développe. Nous sommes le déploiement de l’être qui se révèle dans nos liens et évènements. Nous ne sommes pas quelque chose « déjà fait et défini » qui doit s’accomplir. Nous ne sommes pas des à prioris de l’expérience de vie. Nous ne sommes pas écrits. Nous ne sommes pas une séquence linéaire de faits fatalement prédéterminés. L’expérience de vie nous présente les défis dans lesquels se révèle la conscience de ce que nous sommes. Les faits et liens de notre destin sont révélateurs de l’être dont nous prenons peu à peu conscience. Ces évènements ne sont pas les fruits du hasard mais correspondent à un ordre cyclique. Dans ce sens ils ont un degré d’objectivité : ils n’interviennent pas à n’importe quel moment, ils ne peuvent être éludés. Le mouvement du ciel est le mouvement de cette évolution. Le mouvement des planètes dans le ciel marque les temps de nos processus, non seulement biologiques et psychologiques, mais fondamentalement des crises de révélation. Les cycles planétaires donnent des clés pour que la conscience puisse signifier les processus les plus profonds de cet être qui se révèle, de l’esprit en action.

Enfin, de tout ceci découle un autre puissant postulat de notre regard astrologique : les faits de notre vie ne sont jamais exclusivement individuels, ils sont toujours partagés avec d’autres et résultent signifiants à la révélation d’autres structures énergétiques de cartes natales, pas seulement de la nôtre.

Les évènements spécifiques de nos vies individuelles répondent au tissage de liens. Les évènements de « ma vie » son, en même temps, les évènements des vies d’autres personnes. Un fait, qui arrive et peut être significatif selon notre carte natale, arrive en même temps à notre partenaire, à nos parents, à nos enfants, à nos amis, etc., et chacun devra lui donner du sens d’une manière différente adaptée à ses structures et processus individuels. La carte natale apporte un symbolisme remarquable pour la signification des faits, mais n’indique pas les faits spécifiques, simplement parce que les faits spécifiques ne sont jamais singuliers et strictement associés à une seule carte natale mais plutôt le résultat de la convergence – profondément mystérieuse et impossible à appréhender ou prédire – de multiples clés vitales individuelles. Les évènements de notre vie n’ont aucune possibilité d’être exclusivement individuels et personnels, car ils sont toujours en lien et co-créés, étant toujours la manifestation d’un courants de pulsations vitales en réseau.

Bien sur, la carte vitale nous indique bien comment les évènements s’avèrent congruents avec notre nature et son essor, mais elle ne le révèle que lorsque ses évènements sont en train d’être vécus, quand ils forment une partie de notre expérience relationnelle présente. La carte natale ne peut anticiper pour nous les évènements concrets, sinon la nature du temps dans lequel ils sont vécus et les défis du destin  qu’ils représentent pour les traits les plus fixes et redoutables de notre identité durant le voyage de co-création de ce que nous sommes.


 

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Responses

  1. hola, leyendo la traduccion francesa de este texto :Postulats de notre regard astrologique, aparece una duda. La frase “Nous sommes quelque chose « déjà fait et défini » qui doit s’accomplir”, (somos una cosa “ya hecha y definida” que debe realizarse), me parece en contradiccion con todo lo que dice el texto antes y despues sobre justamente el hecho que, segun lo entiendo, somos co-producidos por todo los vinculos que tenemos, que no somos “separados” sino tejido con ellos.
    No entiendo muy bien esta frase, o quizas el texo ?

    • Mercie beaucoup Sarah
      C´est vrai ! Le text trauduit n´est pas correct. Le text devrai dire:
      “Nous ne sommes pas quelque chose « déjà fait et défini » qui doit s’accomplir.”
      Salut !

      Gracias Sarah.
      Tienes razón. La traducción es incorrecta. El texto debe decir:
      “Nous ne sommes pas quelque chose « déjà fait et défini » qui doit s’accomplir.”
      Saludos.


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